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LA NOSTALGIE
LES GUERRIERS
LUTTER CONTRE
L IMPASSE DE LA MISERE
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En mars 2011, les quelque 500 Roms du village – sur 2 800 ha-bitants - ont été la cible de violentes tentatives d’intimidations. Plus de 1 500 paramilitaires, portant l’uniforme noir des Szebb Jövoert, une milice villageoise d’autodéfense, ont envahi les rues à grands cris “d’Hungaria”. D’après les témoignages recueillis par la presse internationale, ils ont défilé avec fouets et pitbulls dopés aux amphétamines. Si une poignée de défenseurs des droits de l’Homme a tenté d’intervenir, la police s’est contentée de demander aux familles roms de rester chez elles. De son côté, le Premier ministre Viktor Orban a attendu que les miliciens quittent la ville pour réagir, le 16 mars 2011. 

Depuis quelques mois, les miliciens ont rangé leurs uniformes mais les cauchemars n’ont pas fini de hanter les nuits des Roms. Dans le petit jardin en friche d’Atila, le linge étendu sur une corde élimée ne sèche pas. Le chien n’aboie même plus. La peur a tout gelé. Atila Racz, 52 ans, sa femme Bango, leurs cinq enfants et autant de petits-enfants vivent entassés dans deux petites pièces chauffées par un poêle à bois. Sur la gazinière qui trône au bout du lit, le ragoût de champignons patates de la veille marine dans une sauce jaunâtre. Il faudra le réchauffer pour le soir, une fois encore, pour nourrir toute la famille.

Avec son salaire de 2000 forints par jour (un peu moins de 7 euros), Atila a à peine de quoi nourrir sa famille. Il participe au programme de travail imposé par le gouvernement pour les chômeurs de longue date. Depuis le mois de septembre, un 

millier de bénéficiaires d’allocation chômage est embauché sur des chantiers publics. À terme, la mesure devrait toucher 300 000 personnes. Principale cible de cette mesure : les Roms dont le taux de chômage avoisine les 60 % pour atteindre les 90 % dans les régions les plus pauvres de la Hongrie. De 8h à 16h, Atila repeint donc le commissariat de la ville de Eger à une soixantaine de kilomètres de là : “Rien que pour mes cigarettes et les repas, je dépense 1500 forints par jour… Alors ma famille se réveille toutes les nuits de faim et de peur”, raconte-t-il.

“Les choses 
ont empiré 
depuis 
l’élection 
du Jobbik”,

Atila Racz

 

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